Montpellier, Sitaudis, Morrison

05 mai 2004 22:00

 

Invasion de bouquins à Montpellier.

Hi. Je serai à la Comédie du livre, les 14-15-16 mai, invité par la librairie Scrupules, pour présenter mes divers petits bouquins, dont Balades. Si vous venez, n'oubliez pas de passer par les stands de :

Le Matricule des Anges, histoire de faire un petit coucou à Philou et Titi.

Montpellier OFF, le seul, unique et valeureux journal d’information culturelle locale (dans tous les kiosques) auquel je participe et dont j’ai contribué à concevoir la maquette, – rédac-chef Juju Taillandier, Claire Gonzalez rédige en masse, Barbara Douvenot communique, Fabrice Ruffier fait les comptes, Vincent Leprévost fait les Unes, et Juju Bach (encore lui !) a fait le logo.

Grèges, dont le dernier « bébé » va sortir et qui contiendra entres autres (c'est une revue épaisse) un extrait d’un petit texte de moi, tendance écriture automatique sauvage et bouleversée, un extrait de l’inédit « Délirant, dérivant ».

Enfin Quasimodo, revue de sociologie du corps (plus ou moins !), complètement superbe, à l’iconographie magistrale – le dernier numéro sort justement ces jours-ci avec pour thème (ça s’annonce passionnant) « Le corps en guerre ». Revue d’une rigueur absolue et produite en conscience : EN AUTOGESTION, dépôt dans les librairies, en somme : pas de connerie, pas de FNAC-spirit (buvez Mecca-cola, ou de l’eau, c’est encore meilleur). (Sur le web: Quasimodo)

 

Alliance stratégique

Le sieur Pierre Le Pillouër m’a fait l’honneur d’accueillir sur son site Sitaudis une notice de présentation ainsi qu’un extrait du livre à paraître, Scènes de la vie occidentale. A l’heure actuelle, PLP est un des plus farouches militants de la coalition anti-Bon. Pas vraiment un fond de commerce, ni pour lui ni pour moi, mais c’est sympa de voir qu’on est plusieurs à remuer contre remue (qui pratique toujours sa politique de l’autruche face à toute contestation externe, mais qui modifie en douce son graphisme, comme on a pu voir récemment. Tenir compte des critiques sans reconnaître ses torts, ça relèverait pas d'un vice moral dont les 10 premières lettres sont h, y, p, o, c, r, i, s, i, e ? (vous avez deviné le mot ?)).

Ce qui ne signifie pas que tout est à jeter sur remue (surtout pas l’œuvre de François Bon) : encore récemment, la liste remue (j’ai demandé à ce que soient retirés les trois textes que j’avais sur le site, dans une mise en forme «à la eux» tout à fait pitoyable, mais je suis resté inscrit) a fait part d’informations utiles, comme la parution de ce Dossier sur la rémunération des écrivains de la revue Encres de Loire. Page 15, on a Pierre Michon : 20 ans après les Vies minuscules (que par exemple ma petite amie Elise vient de lire ébahie). Il y est dit, je cite : « Ses droits d’auteur le font vivre quatre mois par an en moyenne. Verdier, son éditeur principal, mensualise ses droits, et il touche une fois par an les droits des Vies minuscules qui continuent à se vendre. Le livre est au programme scolaire et universitaire, le format de poche permet sa large diffusion, même si les droits sont réduits à 5 %. » Voilà comment, en France, des bouffons vivent bien sur le dos des meilleurs créateurs, invités eux à rester clochards pendant que les libraires et diffuseurs vont danser en boîte.

Sur Sitaudis, une des choses qui m'ont le plus intéressé, c’est un texte intitulé L’Anna – je n’ai lu que l’extrait mais quel style !

 

Effarant

On trouve sur "un célèbre réseau d'échange dont le nom évoque un animal qui fait hi-han" un fichier intitulé « The Doors – Jim Morrison Miami Trial », où l’on voit des enculés de jeunes américains de l’époque témoigner frontalement devant une caméra sur le caractère « Oh, shocking » du spectacle qui provoqua ledit procès, qui conduisit pas mal à démoraliser mister James Douglas et à le faire partir pour Paris, où il mourut, à 27 ans. Morrison était accusé entre autres d’avoir «exhibé son pénis», ivre mort, pendant la représentation – ce qui n’a jamais pu être établi. Dans la presse, la télé, dans les médias de l’époque, on ne parlait pas de l’œuvre poétique de Morrison ; apparemment, on n’en parle toujours pas tellement (il est absent de la pourtant très-excellente Histoire de la littérature américaine de Pierre-Yves Pétillon récemment chroniquée dans le Matricule) ; par contre, est-ce qu’il avait montré un bout de bite et deux ou trois poils de cul, ça, ça paraissait vachement crucial à examiner. Récemment, je l’avais déjà signalé, un étudiant en communication a fait paraître une thèse sur Jim, chez L’Harmattan : Jim Morrison, Communication d’une star, où il montre en détail le processus de dénaturation et de formatage des ambitions artistiques des Doors et de leur interprète-inspirateur-parolier (on va le considérer comme le seul parolier des Doors, et foutre au feu les daubes de Robbie «Williams » Krieger, «Allume ma flamme» «Touche-moi» et autre débilités standard du mal-écrire rock). En bref, une fois de plus, ça fait de la peine à voir.

Pour donner un exemple, une petite tête de con, un fils à papa qui devait sans doute pointer en fac de Yale déclare «Quand j’aurai des enfants, est-ce que je veux qu’ils grandissent dans un environnement pareil ?… blablabla… c’est dégoûtant». Je suppose que le type, qui s’il est vivant doit avoir la cinquantaine, est aujourd’hui père de 3 enfants puritains qu’il a procréé sans niquer bobonne, préfère un environnement à la Bush.

Ensuite c’est au tour d’une petite pisseuse (qui aurait dû aller se coucher à 20 heures comme d'hab) de venir baver comme quoi la consommation de drogues c’est mal. Mais ma greluche, porter des lunettes à la toi, c’est pas mal ? On notera qu'à l'époque où Morrison, sur une scène, hasch, acide et alcool dans ses veines, voulut se mettre à poil, ailleurs, sur la scène du conflit Amérique versus Vietnam, c'étaient des cocaïnomanes militaires agissant pour le compte de la Bonne Société qui foutaient à poil les viets - mais là, sans aucun aspect dyonisiaque - et il n'y a pas eu de procès.

Un document révoltant. Donc, les Etats-Unis sont priés de quitter la planète sous 48h (et d'abolir la peine de mort, et de ratifier la convention de Genève, et de s'excuser mille fois pour Hiroshima et Nagasaki, et de libérer l'Irak etc etc). Art art art art.

 

Une anecdote

J’en avais tellement marre de regarder des films, de prendre des notes, de rêvasser, de boire des ricards et de fumer des clopes, - en bref de travailler, que je me suis mis à balayer par terre puis à laver mes chemises dans la baignoire pour me changer les idées, POUR ME DIVERTIR !… Ecrivain, flâneur de cerveau, dur métier ! Quelle misère d'en arriver là !

C'est tout, je vous laisse tranquilles, bon courage pour la suite de vos enthousiasmantes existences.

 

LB, le rmiste le plus overbooké de la planète.

 

http://bablon.rezo.net

 

 

Pour recevoir la LETTRE :