Balades autour de l'axe central

21 novembre 2003 20:00

"Elle avait un savoir instinctif sur les mœurs de l’animal qui vit au fond du terrier. Elle connaissait les gestes, photographiait mon œil d’un geste de sa main. Mais elle disparaissait si soudainement que je restais des heures entières à noter sur feuille bleue les circonstances de son absence ; après quoi, au matin, après n’avoir pas pu dormir, je repartais vite à son point d’attache fixe, pour lui transmettre le message. Nous le lisions encore dans le parc, amis avec le banc ou l’herbe. Une théologie subtile s’élaborait, où s’étudiait la question du peut-être, la possibilité de l’aléa, la définition de son aura. Un traité de milliers de pages débutait, pour définir Dieu, ses lèvres rouges, son cœur rouge, son sexe vibrant et son mont de Vénus, pour parler de nous, feuille bleue après feuille bleue. Le printemps dissertait, schizo et chamboulé, dévasté, à propos de nos joues, nos histoires, nos rêveries, son mana, son , son ventre nu et mes clopes. "

 

Parution.

Je le préparais depuis des mois - mille révisions des corrections des relectures, tourments sur la couverture, recherches sur le format, questionnements sur la mise en page - mais maintenant c'est fait, le livre est là.

Balades autour de l'axe central est devenu un livre.Un livre de 100 pages au prix de cinq ou six cafés (7,5 eurals), un livre au graphisme adéquat au contenu, un livre dénué de tout parasitage tel nom d’auteur, logo d’éditeur, charte graphique d’éditeur, blabla critique au dos, biographie termite. Mise en page et typo sont réalisés par moi avec quelques heureuses suggestions de Julien Bach, graphiste, que je remercie.

La couverture est réalisée sur la (très bonne) base d’une sculpture de crin de Pierrette Bloch, artiste contemporaine au travail superbe de finesse et de grâce.

L'éditeur est la Hogarth Press II.

Donc tout est fait-maison, sauf la fabrication, confiée cette fois à un professionnel certes pas super pro ni exigeant vis-à-vis de lui-même, mais qui du moins coupe et colle mieux que je ne puis le faire.

Une page Balades est ajoutée au site, contenant de plus amples informations et notamment des liens vers quelques extraits disponibles de la belle oeuvre de Pierrette Bloch (des tableaux, des "mailles", d'autres "crins" etc).

Balades autour de l'axe central est disponible en lecture, en intégralité, sous forme de fichier au format PDF.

Cette pratique du texte intégral est imitée de Hache, qui laisse ses textes lisibles : d'ailleurs Histoire du jeune homme, momentanément éclipsé, revient.

 

LB, agence de presse, centre de doc international.

Je bosse à un roman sur l'acteur allemand Klaus Kinski. Chapitre 4 : Kinski à Rome. Chapitre 1 et 5 : Kinski à Berlin. Eh bien autrui est vraiment super-utile quand on écrit des romans : parmi les abonnés, Isabelle, actuellement à Rome, et qui me renseigne sur ce qui se passe Via Appia Antica, où vécut Kinski ; et Clément, qui revient de Berlin et a vécu à 100 mètres de la Deutschlandhalle où eut lieu le 20 novembre 1971 le spectacle de Kinski "Jesus-Christ Erlöser" !

C'est vraiment super classe de pouvoir bosser avec des "envoyés spéciaux" sur le terrain ! Promis, quand on aura compris ce que je fais, et qu'on me donnera un peu de moyens ("Allô, le CNL? Oui, LB à l'appareil. Je demande 120 millions d'euros en petites coupures à déposer sous le pont dimanche minuit. Venez seul et ne prévenez pas la police"), je rémunérerai toutes les collaborations, je paierai des pigistes, je m'entourerai d'équipes d'enquêteurs, et peu à peu, nous prendrons le contrôle de l'information au niveau mondial, nous ferons du Zola délocalisé.

(Désolé pour François en Andalousie, Réginald en Belgique, et Aline en Islande, besoin de rien pour l'instant. J'adore ce côté international, un truc complètement impossible pour un auteur avant. Le monde a vraiment changé avec Internet et c'est très jouissif, au point que j'en oublie que... je dis des banalités.)

 

Goncourt

J'avoue dès aujourd'hui que le texte dont je parle ci-dessus, Kinski, je l'écris explicitement afin d'obtenir à l'automne 2004 le prix Goncourt. Je mérite le Goncourt entre autres parce qu'adolescent, c'est là-bas (à Goncourt en Haute-Marne) que j'allais parfois me baigner, dans la Meuse boueuse mais sympathique où plongeaient des filles campagnardes et des garçons éclabousseurs. A partir de maintenant, donc, je mènerai campagne pour devenir le meilleur ami des Dix Débiles Délirants. Je commence par leur rappeler au passage que, étant donné que Balades autour de l'axe central est mon 6è livre publié, ils me doivent déjà 6 prix. Et ils m'en devront au moins un par an jusqu'à ce que je disparaisse de la surface de la terre, vers 2070, époque à laquelle certes, je ne mourrai pas, mais où je descendrai sous le sol afin de faire la fête avec les taupes, à glisser sans fin dans leurs terriers étroits, me rappelant comme c'était exaltant, le glissement dans la vie d'avant.

 

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