DeLillo: Cosmopolis et Body Art, objet principal du message
12 octobre 2003 15:00
Le principal : le Matricule des anges.
Je n'en parle que maintenant alors que le 2è numéro de la nouvelle version mensuelle sort. On savait déjà que le Matricule des anges était le seul mag d'info littéraire digne de ce nom. Cependant, l'ancienne version laissait un peu à désirer niveau graphisme, et se contentait d'un programme "critique de livre critique de livre", limité . La nouvelle version mensuelle garde la qualité et l'exigence de la sélection, mais ajoute une maquette cette fois tout à fait superbe (mise en page claire et aérée), et surtout s'implique plus dans le secteur "vie du livre". On a donc, par exemple, une page polémique très utile qui fait la critique de la critique vendue ("médiatocs"), une rubrique Vie littéraire, des brèves sur l'activité éditoriale, enfin tout ce dont on a besoin.
Dans le dernier numéro, et de moi, un gros article un peu moyennement écrit sur deux livres de DeLillo: Cosmopolis et Body Art. Lire surtout le deuxième (et Julien, retrouve-moi mon Body art que je t'ai prêté, ou t'auras plus jamais de kébab!)
Aussi, la critique du deuxième livre, passable, de l'autrefois prometteur Eric Arlix.
Chronique - Edition.
En préambule à plusieurs chroniques à paraître sur le thème de l'édition, je me suis permis de reprendre, avec son accord, un entretien de Jean Princivalle, le responsable des Editions L'Amourier, avec Alain Freixe, un de ses collaborateurs; entretien paru dans la petite publication gratuite de l'Amourier : "Basilic". Les problèmes d'un petit éditeur. (Les chroniques à venir traiteront le côté livre et auteur.)
Médias, rumeurs.
Ouais, pour moi-moi, encore de "francs succès" en France comme à l'international.
En France, un petit article sur Histoire du jeune homme dans le webzine Benzine, que je découvrais à cette occasion. Mention PMF (Peut Mieux Faire, et non Pierre-Mendès France) pour expédier en 10 lignes sympathiques le révolutionnaire taf d'un an.
A l'international, eh bien, cette fois, c'est la Lettonie qui passe sous influence - sur son site, une mannequin lettone place l'incipit d'HJH en anglais, et ensuite, apparemment, elle et quelqu'un en discutent, ou bien ils se donnent la recette du porc au caramel, allez savoir ce que signifie "Palasijos mazliet . . . . škiet sakariga gramata . . . el, ka mana francu valoda (etc)" ; francu, ça doit être français.
Géniaux succès, mourir pour Dantzig.
Ok, on s'en branle.
Playlist actuelle.
Portishead, Portishead, Portishead. De l'album Pearl, les morceaux Flowers bloom, All my sins et Insensible. Et pour rire en étant terrifié tellement l'interprétation est splendide et prend l'oreille, on écoute Lenny Bruce, les enregistrements de ses shows (les sketches Tits and Ass, Airplane glue, Thank you Masked Man, etc).
La blague de la semaine.
Une voix sur France Inter résume l'intrigue du dernier film de Michael Hanecke. Prénom? Prononcé "MAÏKEL" pendant toute l'émission, et repris par l'autre voix. C'est un peu comme les gens qui habitent aujourd'hui à Naïsse, non? "Hi, je suis Alaïce, de Naïce, et j'ai des percinges". L'Autrichien germanophone Mi-cha-el (cha comme dans chat, et non pas ka) Hanecke répond, lui, en un français très correct. Les étrangers font des efforts et les Français ont une résidence secondaire dans le Milwaukee quand ils s'adressent aux gens de la si lointaine Europe.
Message secret.
Je suis tellement super doué à cache-orgasme que je sais même plus où je l'ai mis. Un milliard d'êtres vous manque et tout est dépeuplé.
Coda.
Promis, dans le prochain message, je cesse de geindre et j'adresse une déclaration d'amour enflammée à tout ce que j'aime : les chips, mon ancien chat Dôgen, les journées tièdes et claires, le Muscat.
Une loi récente interdit de se désabonner en ce moment parce qu'il va se passer quelque chose. Une publication. Un livre beau, au moins graphiquement.
Ce sera Balades autour de l'axe central, et ça parlera comme ça:
"Elle espérait précisément que je succombe aux séries d’obstacles en toile d’araignée qu’elle suscitait entre nous deux ; si je partais un instant pour une autre pièce, j’étais certain de retrouver l’espace quitté rempli de nouvelles fibres, qu’elle tissait sans arrêt, pour ralentir ma marche vers elle ; mais j’étais un aguerri soldat de l’amour, petit soldat, marche, ne la laisse pas et va vers elle. Je tressais les ficelles, que cet oiseau méchant nous apportait pour faire un nid de dépit, en petites courroies aboutées, et je positionnais des poulies ici et là, entre chez elle et chez moi, pour relayer des affects doux, et pacifier la zone. Ce tissu contre moi, je le retournai en drap pour nous, habile comme un voleur magique décidé à baiser illico la lanterne ; je triomphais toujours, nu dans les filaments, mais épuisé, glorieux et faible pour émerger de son cocon et entrer dans son con."
Ce qui montre que je reste un auteur soucieux de votre vie sexuelle.
LB.

