Bombardement des villes allemandes
07 septembre 2003 03:00
Hi. Comme ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit, je vais rester un peu longtemps dans la petite "cabane à mots".
Si vous vous attendiez à trouver une photo de ma peau dans le journal, une image terne de ma dépouille séchée par la canicule (dont x et y et z et surtout un certain Mr Soleil, ministre du ciel, sont responsables), c'est raté car j'ai pu m'abriter dans une fraîcheur à 40° sous les toits, ainsi me revoilà en pleine forme pour la rentrée, rempli d'eau et aussi, faut-il le dire, d'une mesure de pastis espagnol à 40 balles, ramené de vacances, n'est-ce pas.
La nouveauté de la rentrée, c'est la parution dans la revue "La mer gelée / Das gefrorene Meer" de la traduction d'un extrait d'Histoire du jeune homme, en allemand. Je suis largué dès le titre - une horreur déjà en français, - mais alors en boche ce boa titulationnel géant se la joue carrément inextricable nid de vipères, écoutez ça:
Geschichte des auf dem Weg in die Totalität
des Realen erschütterten jungen Mannes.
Si Raffarin vire un jour férié, que ce ne soit pas le 8 mai, car il faut continuer de fêter l'échec militaire du peuple qui place la relative APRES le substantif auquel elle se rapporte pourtant LOGIQUEMENT, si je me fais comprendre, aber es is nicht sicher, weil ich bin ein wahr Arschloch according to all my friends (und Rammstein singt "Buck dich!" dans tout le taudis... Scheisse !)
Puisque déjà l'incipit d'HJH avait été traduit, lui, en anglais, on peut dorénavant remarquer que le bablonisme devient un phénomène véritablement international, et si l'on ajoute à cela que le nombre d'abonnés vient de dépasser, eh oui, les 160 (pas de limitation sur les routes allemandes), la mercedès littéraire que vous pourchassez se compare donc maintenant aisément, euh, disons, au Situationnisme, qui rassembla de nombreux adhérents partout en Europe, nombreux, très nombreux, au moins... au moins 12, les fondateurs.
La phrase précédente dépassant allègrement la mesure en termes d'illisibilité, je décide, par la présente déclaration non moins amphigourique mais d'autant plus savoureuse (telle, mettons, les vieilles bananes marronnasses que j'ai bouffées hier), de terminer le message ici MAIS NON SANS AVOIR RAPPELLé (car dans le cas contraire je m'obéïrais, et je n'aime pas m'obéïr, vous l'aurez, peut-être, ou pas, compris, en trébuchant malencontreusement sur une incise) que les projets dits "en cours" lors des derniers messages RESTENT BIEN ENTENDU EFFECTIVEMENT EN COURS (à l'instar de, comme, semblables à, ainsi que, des étudiants sages) et donc ne vont pas tarder à, mettons, comment dire, dégringoler sur le monde.
Ainsi on aura quelque chose sur Isidore Ducasse, réécriture de l'essai déjà publié, mais avec une forte mise en forme graphique, on aura Balades autour de l'axe central, un texte sur l'amour, un poème plein de lyrisme géométrique et de mots crus, on aura Organisation des Passions Désunies, une lettre accompagnée d'un suicide dans le domaine intéressant du droit et de la torture, et si l'on est vraiment très gentils, on aura (sans titre pour l'instant) un texte sur Klaus Kinski et, last but never least (voire "yeah"), on aura Des mecs énervés (Estelle, 16 ans, raconte l'incendie), un texte en argot de banlieue. Cas extrême, si l'on me donne disons rien que 100 euros, comme ça, cash, eh bien on en aura 50 en retour : ne négligez jamais ce genre de propositions.
LB, toujours aussi arrogant, il a pris une balle dans la tête : après des jours de recherches, on a retrouvé la balle, pas la tête.
Liens:
HJH en allemand dans Das gefrorene Meer
Et La mer gelée / das gefrorene Meer
Enfin, message d'Alban Lefranc pour annoncer le numéro 4 :
"Le numéro 4 de La mer gelée (www.germe.de) est en ligne – s’ouvrant sur une citation de Thomas Bernhard qu’il s’agit de faire mentir : « Des milliers de fois le même regard A travers la fenêtre de mon bout de monde »
Vous y trouverez une petite suite royale regroupant 3 textes de Mathieu Roux autour d’un étrange Roi – des poèmes de Serge Meitinger, Pierre Drouot, et Yarisa Colon Torres (en espagnol et en anglais), un extrait de la fabuleuse Histoire du jeune homme de Ludovic Bablon parue chez Hache en avril dernier (l’extrait est traduit en allemand et disponible en français sous forme de lecture audio), des photos de Mathias Seyfert (pour le téléchargement desquelles il convient de patienter un peu) et un article sur Love streams de Cassavetes pas encore traduit en allemand.
Le numéro 5 sera consacré à LA BANQUE."
(Et merci à Alban d'avoir voulu lui aussi ce voyage du narratif au linguistique, d'un "sur l'Allemagne" à un "en allemand", et pour ce superbe qualificatif de "fabuleux" qu'il a la gentillesse d'employer ci-dessus. Je me sens super gentil moi ce soir.
Bonsoir, Karen.)

