France Culture spécial "clics de langue"
04 juillet 2003 14:00
Si vous aimez les locuteurs coincés du cul, le son répétitif façon techno 220 BPM des éléments "cloc", "clic" et "clac" avec les organes phonateurs (la langue contre les lèvres, la langue contre les dents, la langue qui tente dans un effort désespéré de quitter l'espace confiné du studio, mais se heurte à la porte insonorisée dans un choc retentissant, boum !), les explications confuses et embourbées, le Waterloo de la parole, l'ergotage sur un élément insignifiant de question, les morceaux de phrases inachevées séparés par de belles plages de silence-intergalactique-qui-m'effraie, les accents hauts-marnais prononcés et presque vosgiens (mon divin style bovin/ovin, Radio Bétaillère vous parle droit dans les yeux, le son de Chaumont et presque d'Epinal !), les métaphores improvisées plus bancales qu'Oedipe le boiteux lui-même, enfin si vous aimez le ratage considéré comme un des beaux-arts, alors vous adorerez mon passage gluant à l'émission d'Alain Veinstein "Du jour au lendemain" sur France Culture le soir du mardi 15 juillet à minuit pile, l'heure du crime où la radio m'assassine.
Si vous préférez continuer à me respecter un tant soit peu, alors, couchez-vous à neuf heures, réveillez-vous le lendemain à six heures, et tout se passera bien pour tout le monde, personne ne sera blessé, les gens du SAMU pourront dormir sur leur nombre classique d'oreilles. Le meilleur élément de cet interview (à part la belle voix posée de Veinstein), c'est de loin le bruit du briquet allumant deux cents fois la clope si nerveuse (oh, pourquoi? comme si elle jouait sa vie, la conne), un bruit qu'on entend pas si souvent dans la vaste plaine des studios où sont posées de grandes affiches "interdiction de fumer". Alain m'avait servi de l'eau aussi, avec un peu de mort-aux-rats psychotrope dissoute dedans, pour me faire perdre la tête et oublier tout ce que j'avais à dire. A mort l'oral sauf dans le sexe, et vive l'écrit sexe ou pas. Oh, shit... Lord, what have I done?
Je m'en fous, je signe mon ratage, je signe Alain Veinstein, je signe mon absence saugrenue d'à-propos, je signe Ben et je signe la signature. Pour savoir qui est Ben, demandez-vous-le. Je signe toutes les questions concernant Ben et je les coule dans du béton après avoir tapé dessus avec le lapin de garenne de Beuys repeint en IKB. Je signe tous les aspects gluants de tout avec mon nouveau nom : Cocktail de sperme. (Private joke d'esprit punk-rock.)

